PASS ou L.AS : comprendre l'accès aux études de santé

PASS, L.AS, numerus apertus, épreuves, filières MMOPK : le guide complet pour comprendre l'accès aux études de santé depuis la réforme 2020.

Choisir d’étudier la santé après le bac suppose de comprendre un système qui a profondément changé en 2020. La PACES, cette première année réputée pour son concours couperet et son taux d’échec élevé, n’existe plus. À sa place, deux parcours coexistent : le PASS et la L.AS. Beaucoup de lycéens et de familles peinent à saisir ce qui les distingue, comment se répartissent les places, et ce qui attend réellement un étudiant durant cette première année. Ce guide reprend chaque élément dans l’ordre, des textes de loi aux épreuves concrètes, pour vous permettre de décider en connaissance de cause.

La réforme de 2019 et la fin de la PACES

La transformation de l’accès aux études de santé découle de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, consultable sur Légifrance. Ce texte a posé deux objectifs : supprimer le redoublement de la première année et diversifier les profils des futurs professionnels de santé.

Avant la réforme, la première année commune aux études de santé (PACES) concentrait tous les candidats dans un même amphithéâtre, avec un classement unique en fin d’année et un nombre de reçus strictement encadré par le numerus clausus. Le système produisait un taux d’échec massif : sur une promotion, une large majorité d’étudiants ne passait pas en deuxième année, et beaucoup redoublaient. Un grand nombre quittait la PACES sans aucun diplôme et sans crédits transférables.

À partir de la rentrée 2020, la PACES a été remplacée par deux voies d’accès. Le principe central est qu’un étudiant qui valide son année obtient des crédits ECTS réutilisables, même s’il n’est pas admis en filière santé. Autrement dit, une année de première année n’est plus jamais perdue sur le plan universitaire. C’est ce point qui change le rapport au risque pour les candidats et leurs familles. Si un terme du vocabulaire universitaire vous échappe en cours de lecture, le glossaire reprend les définitions essentielles.

Le PASS : le parcours spécifique accès santé

Le PASS, pour parcours spécifique accès santé, est une première année universitaire dont la majeure porte sur les disciplines de santé. L’étudiant y suit les enseignements scientifiques fondamentaux attendus pour la suite des études : biologie, chimie, biochimie, physique, anatomie, sciences humaines et sociales appliquées à la santé, selon le programme propre à chaque faculté.

À cette majeure santé s’ajoute une mineure dans une autre discipline (droit, biologie, sciences, langues, etc.), choisie par l’étudiant parmi les options proposées par l’université. Cette mineure n’est pas un détail. Elle joue un rôle de filet de sécurité : si l’étudiant échoue à l’accès en santé mais valide son année, il peut rebondir vers la deuxième année de la licence correspondant à sa mineure, sous conditions fixées par l’établissement.

Le PASS s’adresse en priorité aux élèves à l’aise avec un volume scientifique important et un rythme de travail soutenu, et plutôt sûrs de leur orientation santé. C’est une année dense, où la charge de mémorisation est élevée. La question de l’organisation et des méthodes y est décisive ; nous l’abordons en détail dans notre dossier sur comment réussir sa première année santé.

La L.AS : la licence avec accès santé

La L.AS, pour licence accès santé, repose sur une logique inverse. L’étudiant s’inscrit dans une licence classique (droit, biologie, STAPS, psychologie, économie, lettres, etc.) et suit en parallèle une option santé. Cette option représente une part minoritaire des crédits de l’année, de l’ordre d’une dizaine d’ECTS selon les maquettes.

L’intérêt de la L.AS est double. D’abord, l’étudiant construit un vrai parcours de licence, dans une discipline qu’il a choisie et qu’il peut poursuivre s’il n’accède pas à la santé. Ensuite, il peut candidater aux filières MMOPK à la fin de la première année (L.AS 1), mais aussi, dans de nombreuses universités, à la fin de la deuxième ou de la troisième année de licence. Cela ouvre plusieurs fenêtres de candidature au lieu d’une seule.

Le choix de la licence majeure n’est donc pas anodin : il détermine la discipline dans laquelle vous progresserez et vers laquelle vous pourrez vous réorienter. Nous détaillons les implications de ce choix dans l’article dédié à choisir sa licence en L.AS.

PASS et L.AS : tableau comparatif

Pour clarifier les différences structurelles entre les deux voies, voici un comparatif synthétique. Les modalités précises (nombre d’ECTS de l’option santé, mineures disponibles, calendrier des candidatures) restent fixées par chaque université.

CritèrePASSL.AS
Discipline principaleSanté (majeure)Licence classique (droit, bio, STAPS, psycho, etc.)
Place de la santéMajoritaireOption minoritaire (environ 10 ECTS)
Filet de sécuritéMineure permettant un rebondPoursuite de la licence
Fenêtres de candidature santéEn général une fois (après le PASS)Possible après L.AS 1, L2 ou L3 selon l’université
Profil typeSûr de son projet santé, fort en sciencesVeut sécuriser un diplôme, intérêt pour une autre discipline
Redoublement de l’année santéNonSans objet (c’est une licence)

Aucune des deux voies n’est, en soi, plus facile. Le taux d’admission dépend avant tout des capacités d’accueil réservées à chaque voie dans l’université concernée. Pour un raisonnement adapté à votre situation, consultez notre analyse sur comment choisir entre PASS et L.AS.

Les cinq filières MMOPK

Le PASS et la L.AS ouvrent l’accès à cinq filières de santé, regroupées sous l’acronyme MMOPK :

  • Médecine : six années avant l’internat, qui mène ensuite à une spécialité.
  • Maïeutique : la formation de sage-femme.
  • Odontologie : la chirurgie dentaire.
  • Pharmacie : officine, industrie, biologie médicale, recherche.
  • Kinésithérapie : la masso-kinésithérapie, dont l’accès via le PASS ou la L.AS n’est pas systématique selon les régions et les instituts de formation.

Chacune de ces filières a ses débouchés, sa durée et son rythme propres. Pour une vue d’ensemble de ces métiers et de leurs études, notre guide des études de médecine, pharmacie, dentaire, maïeutique et kiné détaille chaque parcours après l’admission en deuxième année.

À noter que la kinésithérapie occupe une place particulière. Dans certaines universités, l’accès passe par le PASS ou la L.AS ; dans d’autres, les instituts de formation en masso-kinésithérapie recrutent via une première année de licence STAPS ou de licence sciences pour la santé. Il faut donc vérifier la voie d’accès propre à la région et à l’institut visés.

Le numerus apertus : combien de places ?

Le numerus clausus, ce nombre national fixe de places en deuxième année, a été supprimé par la réforme. Il a été remplacé par le numerus apertus. La différence n’est pas qu’un changement de nom.

Désormais, chaque université détermine ses propres capacités d’accueil dans chaque filière, à l’intérieur d’objectifs pluriannuels définis en concertation avec les agences régionales de santé. L’idée est d’adapter le nombre de futurs professionnels formés aux besoins de santé des territoires, plutôt que d’imposer un plafond unique calculé au niveau national.

En pratique, cela veut dire que le nombre de places varie d’une université à l’autre et d’une année à l’autre. Aucun chiffre national unique ne s’applique. Les capacités d’accueil sont publiées chaque année par les facultés et reprises sur Parcoursup. Méfiez-vous des chiffres circulant sur des forums : les seules valeurs fiables sont celles communiquées par l’université où vous candidatez. Nous expliquons le fonctionnement de ce mécanisme dans le détail dans l’article sur le numerus apertus et les places en médecine.

Les épreuves : premier et second groupe

L’accès à la deuxième année des filières santé se déroule en deux temps, ce qui constitue une autre nouveauté importante par rapport à la PACES.

Le premier groupe : les épreuves écrites

Le premier groupe repose sur les résultats obtenus durant l’année : contrôle continu et examens écrits de fin de semestre, portant sur les enseignements de la majeure ou de l’option santé. À l’issue de ces épreuves, l’université établit un classement.

Trois cas de figure se présentent alors. Les meilleurs candidats peuvent être admis directement (selon les modalités de l’université). Une part des candidats, juste sous ce seuil, est déclarée admissible et convoquée au second groupe. Les autres ne sont pas retenus pour la filière visée cette année-là, mais conservent leurs crédits s’ils ont validé leur année.

Le second groupe : les oraux d’admission

Le second groupe d’épreuves concerne les candidats admissibles. Il prend le plus souvent la forme d’oraux d’admission : entretiens, mini-entretiens multiples (souvent appelés MEM ou MMI), parfois épreuves de communication ou de mise en situation. L’objectif est d’évaluer des compétences que l’écrit ne mesure pas : raisonnement, capacité à argumenter, motivation, posture face à une situation concrète.

Ces oraux pèsent réellement dans l’admission finale : un bon classement écrit ne garantit pas à lui seul une place si l’oral est négligé. La préparation à ces épreuves se travaille spécifiquement. Notre article sur le second groupe et les oraux MMOPK en détaille le format et les méthodes de préparation.

Taux de réussite, échec et rebond

Le PASS et la L.AS restent des voies sélectives. Le nombre de candidats dépasse largement le nombre de places, et tous les étudiants admis en première année n’accéderont pas à la filière de leur choix. Il faut donc aborder cette année avec lucidité.

La différence majeure avec l’ancien système concerne l’après-échec. Le PASS ne se redouble pas. En revanche, un étudiant qui a validé son PASS sans être admis en filière santé peut poursuivre en deuxième année de licence via une L.AS, dans la discipline de sa mineure, et candidater à nouveau ultérieurement. De même, un étudiant de L.AS non admis poursuit simplement sa licence et pourra retenter sa chance en L2 ou L3 selon les règles de son université.

Cette logique change la nature du risque : une première année santé n’aboutit plus systématiquement à une impasse. Nous traitons précisément des options après un revers dans l’article sur l’échec en PASS et le rebond vers la L.AS. Pour ceux qui envisagent une réorientation plus large, le guide de la réorientation après une première année ratée complète utilement cette lecture.

Le calendrier d’une année type

Comprendre le rythme d’une année de PASS ou de L.AS aide à anticiper les moments décisifs. L’année universitaire s’organise en deux semestres, ponctués d’examens qui alimentent le classement du premier groupe.

À la rentrée de septembre, les enseignements démarrent vite et le volume monte rapidement. Le premier semestre est souvent considéré comme le plus déterminant, car il pose les bases et conditionne une partie du classement. Les examens de fin de premier semestre, en décembre ou en janvier selon les facultés, donnent un premier signal sur le positionnement de l’étudiant.

Le second semestre prolonge cet effort jusqu’aux examens du printemps. Les résultats du premier groupe sont ensuite publiés, déterminant les candidats admis directement, les admissibles convoqués aux oraux, et les autres. Les oraux du second groupe se tiennent généralement à la fin de l’année universitaire, avec des résultats d’admission communiqués dans la foulée. En parallèle, les lycéens de terminale formulent leurs vœux sur Parcoursup au printemps précédent, avec des phases d’admission qui s’échelonnent ensuite. Connaître ce calendrier permet de ne pas se laisser surprendre et d’organiser son travail en fonction des échéances réelles plutôt que dans l’urgence.

Réussir au quotidien : ce qui fait la différence

Au-delà des règles institutionnelles, la réussite en première année de santé se joue largement sur la méthode de travail. Le facteur limitant n’est presque jamais l’intelligence, mais la capacité à absorber un volume considérable d’informations de façon régulière et organisée.

Trois leviers reviennent chez les étudiants qui passent le cap. Le premier est la régularité : travailler chaque jour, sans accumuler de retard, vaut mieux que des sessions intenses et tardives. Le volume à mémoriser est tel que le bachotage de dernière minute ne suffit pas. Le deuxième est la mémorisation active : refaire des exercices, se tester, reformuler de mémoire plutôt que relire passivement. Des outils comme les fiches de révision et la répétition espacée, que nous détaillons dans nos dossiers sur les méthodes de travail et fiches de révision et sur Anki et la mémorisation en PASS, structurent cet apprentissage. Le troisième est la gestion de l’équilibre : sommeil, alimentation, activité physique et préservation du moral conditionnent la capacité à tenir sur la durée. La charge mentale est réelle, et l’ignorer mène souvent à l’épuisement ; nous l’abordons dans l’article sur gérer le stress et la charge mentale en PASS.

L’environnement de travail compte aussi. Le tutorat associatif, animé par des étudiants des années supérieures, propose un soutien souvent décisif : entraînements, corrections, conseils de méthode. Certaines familles choisissent une prépa privée payante ; l’arbitrage entre ces options mérite réflexion, comme nous l’expliquons dans le dossier sur le tutorat associatif face à la prépa privée.

Comment choisir sa voie

Le choix entre PASS et L.AS, puis le choix de l’université, se font sur Parcoursup durant l’année de terminale. Quelques repères concrets pour décider.

Optez plutôt pour le PASS si vous êtes solide en sciences, que vous supportez un fort volume de travail et de mémorisation, et que votre projet santé est clair. La majeure santé vous prépare directement aux disciplines de la deuxième année.

Penchez plutôt vers la L.AS si vous voulez sécuriser un diplôme de licence dans une discipline qui vous plaît, si vous appréciez une autre matière au point d’envisager d’en faire votre métier en cas d’échec santé, ou si vous préférez multiplier les fenêtres de candidature sur plusieurs années.

Dans tous les cas, examinez les capacités d’accueil par voie dans les universités qui vous intéressent : certaines réservent davantage de places au PASS, d’autres à la L.AS. Lisez aussi attentivement les attendus Parcoursup, que nous détaillons dans le dossier sur la stratégie de vœux en santé. Les ressources officielles de l’ONISEP et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche recensent les universités et leurs modalités précises.

En pratique : votre feuille de route

Pour résumer la démarche, voici les étapes à suivre dès la terminale. D’abord, clarifiez votre projet : visez-vous médecine, pharmacie, une autre filière MMOPK, ou restez-vous ouvert ? Ensuite, repérez les universités accessibles et comparez leurs voies (PASS, L.AS et licences majeures proposées) ainsi que leurs capacités d’accueil. Formulez vos vœux sur Parcoursup en respectant les attendus. Une fois admis, adoptez une méthode de travail rigoureuse dès la rentrée, car le premier semestre est déterminant. Enfin, préparez les oraux du second groupe si vous êtes déclaré admissible.

L’accès aux études de santé reste exigeant, mais le système actuel offre plus de portes de sortie et de seconds essais que l’ancienne PACES. Bien comprendre les règles, choisir une voie cohérente avec votre profil et travailler avec méthode dès le départ restent les meilleurs leviers de réussite.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre PASS et L.AS ?

Le PASS (parcours spécifique accès santé) est une première année où la majorité des enseignements porte sur la santé, complétée par une mineure dans une autre discipline. La L.AS (licence accès santé) est une licence classique (droit, biologie, STAPS, psychologie, etc.) qui intègre une option santé représentant environ 10 ECTS. Les deux voies permettent de candidater aux filières MMOPK.

La PACES existe-t-elle encore en 2026 ?

Non. La première année commune aux études de santé (PACES) a été supprimée à la rentrée 2020, en application de la loi du 24 juillet 2019. Elle a été remplacée par deux parcours, le PASS et la L.AS, qui mettent fin au redoublement de la première année et diversifient les profils admis.

Qu'est-ce que les filières MMOPK ?

MMOPK désigne les cinq filières accessibles via le PASS ou la L.AS : médecine, maïeutique (sage-femme), odontologie (dentaire), pharmacie et kinésithérapie (masso-kinésithérapie). Le K n'est pas accessible partout par cette voie : certaines universités recrutent encore les kinés par d'autres parcours.

Combien de places y a-t-il en médecine ?

Le nombre de places n'est plus fixé nationalement par un numerus clausus unique. Depuis 2021, chaque université détermine ses capacités d'accueil (le numerus apertus), à l'intérieur d'objectifs pluriannuels concertés avec les agences régionales de santé. Les chiffres exacts varient selon l'université et l'année et sont publiés sur les sites des facultés et sur Parcoursup.

Peut-on redoubler le PASS ?

Non, le PASS ne se redouble pas. En cas d'échec à l'accès en filière santé, l'étudiant qui a validé son année peut poursuivre en deuxième année de licence via une L.AS et retenter sa chance plus tard. C'est l'un des changements majeurs apportés par la réforme.

Faut-il choisir le PASS ou la L.AS pour avoir plus de chances ?

Il n'y a pas de voie systématiquement plus facile. Le choix dépend du profil : le PASS convient aux élèves à l'aise avec un fort volume scientifique et certains de leur projet santé ; la L.AS convient à ceux qui veulent sécuriser un diplôme de licence dans une discipline qu'ils apprécient. Le taux d'admission dépend surtout des capacités d'accueil par voie dans chaque université.

Quelles épreuves faut-il passer pour entrer en deuxième année ?

L'accès se fait en deux temps. Le premier groupe d'épreuves repose sur les résultats écrits de l'année (contrôle continu et examens). Les meilleurs candidats sont déclarés admissibles, puis convoqués à un second groupe d'épreuves, le plus souvent des oraux d'admission, qui détermine l'admission définitive dans la filière visée.

Sources citées

  1. https://www.parcoursup.gouv.fr/
  2. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038821260
  3. https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/
  4. https://www.onisep.fr/