Numerus apertus : combien de places en médecine ?

Le numerus apertus a remplacé le numerus clausus en 2021. Qui fixe les places en médecine, comment elles varient et où vérifier les chiffres.

Lorsqu’on s’intéresse aux études de santé, une question revient sans cesse : combien y a-t-il de places en médecine ? La réponse a changé de nature avec la réforme de 2020. Le numerus clausus, ce plafond national connu de tous, n’existe plus. Il a laissé place au numerus apertus, un mécanisme plus décentralisé et souvent mal compris. Cet article explique ce qui a changé, qui décide aujourd’hui, et comment obtenir des chiffres fiables sans tomber dans les approximations. Pour situer ce sujet dans l’ensemble du système, reportez-vous à notre guide sur l’accès aux études de santé via PASS ou L.AS.

Du numerus clausus au numerus apertus

Pendant des décennies, le numerus clausus a fixé chaque année un nombre limité de places en deuxième année d’études de santé. Ce plafond, décidé au niveau national, déterminait combien d’étudiants pouvaient passer le cap de la première année. Sa logique était simple : un nombre fixe de reçus, le reste des candidats échouant ou redoublant.

La loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019, consultable sur Légifrance, a supprimé ce dispositif. À partir de la rentrée 2020 pour les parcours et de l’admission 2021 pour les places, le numerus clausus a été remplacé par le numerus apertus. Le terme latin lui-même indique le changement d’esprit : on passe d’un nombre fermé à un nombre ouvert, c’est-à-dire défini localement plutôt qu’imposé uniformément. Le sens précis de ces termes figure dans le glossaire.

Comment fonctionne le numerus apertus

Le numerus apertus ne signifie pas l’absence de limite. Des capacités d’accueil existent toujours, mais elles ne sont plus déterminées par un quota national unique. Le mécanisme repose sur plusieurs niveaux de décision.

L’État définit des objectifs nationaux pluriannuels de professionnels de santé à former. Ces objectifs sont déclinés au niveau régional après concertation avec les agences régionales de santé, qui connaissent les besoins de leurs territoires. Sur cette base, chaque université fixe ses propres capacités d’accueil dans chaque filière. L’idée directrice est d’ajuster le nombre de futurs soignants formés aux réalités démographiques et sanitaires locales, plutôt que d’appliquer un plafond identique partout.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche encadre ce dispositif et publie les éléments de cadrage. Les modalités administratives sont également décrites sur Service-Public.fr.

Pourquoi le nombre de places varie autant

La conséquence directe de ce fonctionnement est que le nombre de places diffère d’une université à l’autre, et d’une année à l’autre dans une même université. Trois facteurs principaux expliquent ces écarts.

D’abord, la taille et les moyens de la faculté : une grande université disposant de capacités hospitalières importantes peut accueillir davantage d’étudiants en deuxième année qu’un établissement plus modeste. Ensuite, les besoins de santé du territoire : une région confrontée à une pénurie de médecins peut être incitée à former davantage de praticiens. Enfin, la répartition entre voies d’accès : les places sont aussi ventilées entre le PASS et la L.AS, selon des règles propres à chaque université. Cette répartition par voie influence directement vos chances et entre dans le raisonnement de choix que nous développons dans l’article sur comment choisir entre PASS et L.AS.

Où trouver des chiffres fiables

C’est le point le plus important pour un candidat. Aucun chiffre national unique ne s’applique aujourd’hui, et les valeurs qui circulent sur les forums ou les réseaux sociaux sont fréquemment périmées ou inexactes. Pour décider, fiez-vous uniquement aux sources officielles.

Les capacités d’accueil de chaque formation sont publiées sur Parcoursup, dans la fiche détaillée de chaque vœu, ainsi que sur les sites des facultés concernées. Consultez ces chiffres pour les universités qui vous intéressent, et regardez si possible leur évolution sur plusieurs années pour dégager une tendance.

Méfiez-vous des comparaisons hâtives. Un nombre de places élevé dans une université très demandée ne garantit pas un taux d’admission supérieur : tout dépend du rapport entre le nombre de places et le nombre de candidats. C’est ce rapport, et non le nombre brut, qui mesure réellement la sélectivité.

Le rôle des agences régionales de santé

Un acteur souvent ignoré des candidats joue pourtant un rôle central dans la fixation des places : les agences régionales de santé. Ces structures publiques pilotent l’organisation du système de soins à l’échelle de chaque région et connaissent finement les besoins du territoire.

Dans le cadre du numerus apertus, elles participent à la concertation qui aboutit aux objectifs pluriannuels de formation. Une région confrontée à une démographie médicale tendue, avec des zones sous-dotées en médecins, peut ainsi peser pour que davantage de professionnels y soient formés. Ce mécanisme vise à mieux répartir les futurs soignants sur le territoire et à réduire les déserts médicaux, l’un des objectifs explicites de la loi de 2019.

Pour un candidat, cette logique territoriale a une conséquence pratique : les capacités d’accueil d’une université reflètent en partie les besoins de sa région. Cela ne garantit pas un accès plus facile, mais explique pourquoi les nombres de places diffèrent d’un territoire à l’autre. Le détail de cette gouvernance est décrit sur Service-Public.fr et dans les textes encadrant la réforme.

Ce que cela change pour votre stratégie

Comprendre le numerus apertus a des implications concrètes sur la façon de candidater. Puisque les places varient par université et par voie, il devient pertinent de raisonner en portefeuille de vœux plutôt qu’en pari unique. Comparer les capacités d’accueil, les croiser avec la demande supposée, et répartir ses vœux entre plusieurs universités et entre PASS et L.AS permet d’augmenter ses chances globales d’admission en première année.

Une fois admis, le nombre de places conditionne la sélectivité des épreuves, mais il ne définit pas à lui seul votre réussite : la méthode de travail et la préparation des oraux du second groupe restent déterminantes. Et si l’admission n’aboutit pas cette année-là, les capacités d’accueil des années suivantes et les fenêtres de candidature en L.AS rouvrent des perspectives, comme l’explique notre article sur l’échec en PASS et le rebond vers la L.AS.

Les idées reçues à corriger

Le passage au numerus apertus a nourri plusieurs malentendus qu’il vaut mieux dissiper.

La première idée reçue est que le concours aurait disparu et que l’accès serait devenu facile. C’est faux. La sélection demeure forte : le nombre de candidats reste très supérieur au nombre de places, et les épreuves écrites puis orales départagent toujours les étudiants. Le terme apertus, ouvert, désigne le mode de fixation des places, pas l’absence de sélection.

La deuxième idée reçue consiste à croire qu’il existe un chiffre national de référence pour le nombre de places en médecine. Depuis la réforme, ce chiffre unique n’a plus de sens : les capacités sont locales et plurielles. Citer un nombre national global peut donner une impression de précision trompeuse.

La troisième idée reçue est que plus de places signifie plus de chances. En réalité, la sélectivité se mesure au rapport entre places et candidats. Une université qui ouvre beaucoup de places mais qui attire encore plus de candidats n’est pas forcément moins sélective qu’une faculté plus petite. Pour évaluer vos chances, regardez ce rapport et non le nombre brut de places.

L’évolution dans le temps

Les capacités d’accueil ne sont pas figées d’une année sur l’autre. Les objectifs étant pluriannuels et révisés régulièrement, le nombre de places peut évoluer en fonction des besoins de santé identifiés, des moyens des universités et des orientations politiques. Cette dimension dynamique mérite d’être suivie.

Pour un candidat, l’intérêt est de consulter les capacités d’accueil sur plusieurs années lorsque ces données sont disponibles, afin de dégager une tendance plutôt que de se fier à un instantané. Une faculté dont les places progressent régulièrement peut offrir des perspectives différentes d’une faculté stable. Ces informations, croisées avec les attendus et la stratégie de vœux que nous détaillons dans le dossier sur la stratégie de vœux en santé, nourrissent une décision éclairée. Là encore, seules les sources officielles font foi, à commencer par les fiches de formation sur Parcoursup et les publications du ministère de l’Enseignement supérieur.

En résumé

Le numerus apertus a remplacé le numerus clausus pour décentraliser la fixation des places et l’adapter aux besoins des territoires. Ce ne sont plus des quotas nationaux figés, mais des capacités d’accueil décidées par chaque université dans un cadre concerté. Aucun chiffre national unique n’existe : pour connaître le nombre réel de places de la filière et de l’université que vous visez, consultez la fiche Parcoursup correspondante et le site de la faculté, et défiez-vous des chiffres non officiels.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre numerus clausus et numerus apertus ?

Le numerus clausus était un nombre national de places en deuxième année, fixé chaque année et identique dans sa logique pour toutes les facultés. Le numerus apertus, instauré par la réforme de 2020, laisse chaque université déterminer ses capacités d'accueil, dans le cadre d'objectifs pluriannuels concertés régionalement. L'objectif est d'adapter le nombre de professionnels formés aux besoins de chaque territoire.

Qui fixe le nombre de places en médecine aujourd'hui ?

Les universités fixent leurs capacités d'accueil, dans le cadre d'objectifs nationaux pluriannuels définis par l'État après concertation avec les agences régionales de santé et les universités. Ce ne sont donc plus des quotas décidés uniquement au niveau national, mais des décisions partagées entre l'État, les régions et les établissements.

Où trouver le nombre de places de mon université ?

Les capacités d'accueil sont publiées chaque année par les facultés et reprises sur la plateforme Parcoursup, dans la fiche de chaque formation. C'est la seule source fiable. Les chiffres circulant sur les forums ou réseaux sociaux sont souvent obsolètes ou erronés et ne doivent pas servir de base de décision.

Le nombre de places a-t-il augmenté avec la réforme ?

L'un des objectifs affichés de la réforme était d'augmenter le nombre de professionnels de santé formés pour répondre aux besoins des territoires. L'évolution réelle varie selon les filières, les années et les universités. Pour connaître la tendance dans une faculté précise, consultez les capacités d'accueil publiées par cet établissement sur plusieurs années.

Le numerus apertus s'applique-t-il à toutes les filières MMOPK ?

Oui, le principe de capacités d'accueil fixées par les universités s'applique aux filières accessibles via le PASS et la L.AS : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. Chaque filière a son propre nombre de places dans une université donnée, et ces nombres varient d'un établissement à l'autre.

Sources citées

  1. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038821260
  2. https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/
  3. https://www.parcoursup.gouv.fr/
  4. https://www.service-public.fr/