Devenir infirmier est l’une des voies de santé les plus accessibles et les plus recherchées. Le métier consiste à dispenser des soins, à surveiller l’état des patients, à coordonner avec les médecins et les autres soignants, et à accompagner les personnes tout au long de leur parcours de soin. Depuis 2019, l’accès à la formation a profondément changé : le concours d’entrée historique a disparu pour les bacheliers, remplacé par une sélection via Parcoursup.
Cet article explique comment on entre aujourd’hui en institut de formation en soins infirmiers (IFSI), comment se déroule la formation, et ce qu’elle ouvre comme débouchés. Pour situer ce métier parmi les autres professions de santé, le guide des concours et formations paramédicales replace l’infirmier dans l’ensemble du paysage.
La fin du concours d’entrée en IFSI
Pendant des décennies, entrer en IFSI signifiait passer un concours payant : épreuves écrites de culture générale sanitaire et sociale, tests d’aptitude, puis oral de motivation. Beaucoup de candidats s’inscrivaient à plusieurs concours, dans plusieurs villes, ce qui représentait un coût et une charge logistique importants.
Cette organisation a pris fin à la rentrée 2019. Pour les bacheliers, l’admission en IFSI se fait désormais via Parcoursup, comme pour la plupart des formations du supérieur. La sélection repose sur l’examen du dossier, des résultats de terminale, des appréciations et du projet de formation motivé. Les candidats en reconversion ou en formation professionnelle continue relèvent d’une voie distincte avec des épreuves spécifiques propres à chaque institut.
Ce changement vise à élargir l’accès et à réduire les coûts pour les candidats, tout en intégrant la formation infirmière dans l’architecture universitaire. Concrètement, cela déplace l’enjeu : ce n’est plus une journée d’examen qui décide, mais un dossier construit sur l’ensemble du lycée.
Comment candidater via Parcoursup
La candidature suit le calendrier Parcoursup commun. Les attendus nationaux, publiés sur la plateforme, décrivent les compétences attendues : intérêt pour le domaine de la santé et du social, aptitudes scientifiques, qualités d’expression écrite et orale, capacités relationnelles, et autonomie dans le travail.
Pour maximiser ses chances, plusieurs leviers concrets :
- Construire un dossier de terminale régulier, sans creux marqués dans les matières scientifiques.
- Choisir des spécialités cohérentes (sciences de la vie et de la Terre, physique-chimie, mathématiques sont des appuis solides).
- Rédiger un projet de formation motivé précis, appuyé sur des expériences réelles : stage d’observation, bénévolat, accompagnement d’un proche, job en milieu de soin.
- Formuler plusieurs vœux dans différents IFSI pour élargir les possibilités.
La méthode de rédaction des vœux et la logique des attendus sont transposables d’une formation santé à l’autre. L’article attendus Parcoursup pour PASS et L.AS détaille une approche utile aussi pour les candidats IFSI.
Trois ans de formation jusqu’au diplôme d’État
La formation en IFSI dure trois ans, organisés en six semestres. Elle articule des enseignements théoriques (sciences biologiques, sciences infirmières, sciences humaines, pharmacologie) et des stages cliniques nombreux, en service hospitalier, en établissement médico-social, parfois en libéral. L’alternance entre cours et terrain est une caractéristique forte de ce cursus : on apprend le geste autant que la théorie.
À l’issue des trois ans, l’étudiant obtient le diplôme d’État d’infirmier (DEI), reconnu au grade licence depuis l’entrée de la formation dans le système LMD. Ce grade facilite les poursuites d’études et les passerelles vers d’autres parcours universitaires.
La charge de travail reste soutenue, avec des périodes de stage exigeantes et des évaluations régulières. Les méthodes d’organisation et de mémorisation utiles en première année santé valent aussi en IFSI : l’article sur les méthodes de travail et fiches de révisions propose des techniques transposables.
Le programme s’articule autour de compétences plutôt que de simples matières. L’étudiant apprend à évaluer une situation clinique, à concevoir et conduire un projet de soins, à accompagner la personne, à gérer les risques et la qualité, et à travailler en équipe. Les stages, répartis sur les trois années, couvrent des terrains variés : médecine, chirurgie, soins de longue durée, santé mentale, soins à domicile. Cette diversité prépare à la polyvalence du métier et permet à chacun d’affiner ses préférences.
Les stages représentent une part majeure de la formation, parfois jusqu’à la moitié du temps. Ils confrontent l’étudiant à la réalité du soin dès la première année, avec ses exigences physiques et émotionnelles. C’est souvent au cours de ces stages que se confirme (ou se questionne) la vocation. Mieux vaut donc aborder l’IFSI avec une vision réaliste du métier, nourrie par des expériences préalables, qu’avec une image idéalisée.
Le métier et ses débouchés
L’infirmier diplômé d’État exerce dans des cadres très variés. L’hôpital public et les cliniques privées concentrent une grande part des postes, mais le métier s’exerce aussi en établissement pour personnes âgées, en santé scolaire ou au travail, en santé publique, et en libéral pour les soins à domicile. Cette diversité permet de faire évoluer sa pratique au fil de la carrière.
Les besoins en infirmiers restent élevés, sous l’effet du vieillissement de la population et des tensions hospitalières. Les taux d’insertion à la sortie de la formation comptent parmi les plus favorables du supérieur, même si les chiffres exacts dépendent des régions et des années. Pour des données actualisées, l’ONISEP et les observatoires régionaux de l’emploi en santé sont les sources de référence.
Après le diplôme, plusieurs spécialisations s’ouvrent via des formations complémentaires : infirmier de bloc opératoire, infirmier anesthésiste, puériculture, ou infirmier en pratique avancée, qui élargit le champ d’intervention. L’encadrement (cadre de santé) ou l’enseignement en institut constituent d’autres évolutions. Comparé aux études médicales longues, le parcours infirmier offre une entrée plus rapide dans la vie professionnelle, avec des perspectives d’évolution réelles.
Infirmier ou autre voie paramédicale
L’infirmier n’est pas la seule porte d’entrée dans le soin. Pour ceux qui hésitent, il est utile de comparer avec des voies voisines. L’aide-soignant offre une entrée plus rapide, en environ un an, et peut servir de tremplin vers l’IFSI. Les métiers de la rééducation comme l’ergothérapie ou la psychomotricité attirent ceux qui préfèrent un accompagnement centré sur l’autonomie et le mouvement plutôt que le soin technique.
Si le doute porte plutôt sur le choix entre une voie paramédicale et des études médicales, l’article sur les études de kinésithérapie et leur accès illustre comment certaines professions de rééducation se construisent à partir d’une première année universitaire. Quel que soit le métier visé, vérifier les modalités d’accès sur Parcoursup et auprès de l’institut reste indispensable, car elles varient d’un établissement à l’autre.